En fixant des objectifs précis, le livre blanc de l'Union européenne a clairement énoncé la dimension stratégique que les énergies renouvelables auront dans la production électrique future de cet espace intégré. Parmi les raisons qui expliquent une telle prise de conscience on peut citer la sécurité énergétique, l'épuisement des énergies fossiles et les changements climatiques liés à leur utilisation grandissante à échelle planétaire.

Dans sa feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050 publiée en 2011, la Commission européenne a prédit que l'énergie éolienne fournira plus d'électricité que toutes autres technologies dans son scénario à Renouvelables élevés. Basé sur l’innovation et le développement de nouvelles infrastructures couplées aux capacités de stockage d'énergie, ce scénario a présenté les grandes lignes d’une politique communautaire élargie.  Auparavant, dans son rapport 'Trends to 2030' de 2003, la Direction Transport et Energie de la Commission européenne prévoyait qu’à l’horizon 2030, l’énergie éolienne représenterait une capacité installée de 135 GW, soit 12% de la capacité totale des pays de l’UE. En 2015 plus de 141 GW de capacité éolienne était opérationnelle alors que ce chiffre était de moins de 13 GW en 2000. Ces prévisions avaient été établies sur des scénarios ne tenant pas compte des politiques et/ou mesures environnementales visant à atteindre les objectifs du protocole de Kyoto en 2008-2012. Il avait été reconnu que d'autres politiques encore plus contraignantes visant à atténuer les effets des changements climatiques pourraient être mises en place. Ne pas tenir compte d'une dimension environnementale dans ces prévisions était d’après la DG TREN un scénario très peu probable.

imageAinsi, l'Agence Internationale de l'Energie a prédit dans le 'World Energy Outlook 2010' que l'énergie éolienne comptera pour plus de 40% d'augmentation cumulative de capacité électrique installée en 2035 au sein de l'Union Européenne. L'énergie éolienne supplantera ainsi les autres énergies pour devenir la première source de génération électrique additionnelle déployée en Europe. Les incidents survenus en 2011 dans la centrale de Fukujima au Japon ont eu des répercussions sur le développement de la filière nucléaire au niveau mondial. L’arrêt du fonctionnement du parc nucléaire Allemand à l’horizon 2022, constitue à ce titre un revirement édifiant. Couplée à la crise Ukrainienne qui remet en cause toute dépendance gazière excessive, la consolidation d'une politique énergétique durable et intégrée semble désormais acquise.

 

L'accès aux ressources fossiles et les changements climatiques sont des enjeux globaux où une coopération internationale s'avère indispensable. La législation de l'UE fournit déjà un cadre juridique favorisant l'intégration des réseaux électriques trans-européens. L'extension de ces réseaux aux pays limitrophes de l'Union serait d'un intérêt mutuel car il permettrait d'obtenir de meilleurs rendements économiques, en facilitant l'accès à des sources d'énergies renouvelables complémentaires.

En ce sens, plusieurs directives et programmes d'incitations de l'Union Européenne visent à sécuriser l'approvisionnement des pays européens en énergie. Des garanties financières peuvent même être obtenues pour de tels projets, qui comparables aux gazoducs, ont créé des liens économiques durables entre partenaires. Les synergies entre l'Allemagne et la Russie autour de l'industrie des gazoducs ont été déterminants pour le contexte de l'époque. Alors que le modèle gazier Russe semble avoir montré ses limites, le développement de l'énergie éolienne permettrait l'édification d'une filière industrielle durable et socialement inclusive.

Interconnexion Electrique Afrique du Nord-Europe 2x700 MW (AC)Dans un souci de sécurité et de diversification énergétique, les circonstances actuelles au sein des États d'Afrique du Nord devraient nous amener à soutenir l'édification d'une politique intégrée de développement. Celle-ci permettrait aux partenaires concernés d’œuvrer à un objectif commun visant à assurer un approvisionnement énergétique durable. Ceci devrait se faire au sein des pays de la région à travers la mise en place d’infrastructures d’interconnexions adaptées. En ouvrant le marché énergétique euro-méditerranéen aux énergies renouvelables, de nouvelles industries manufacturières pourraient se développer en Afrique du Nord. En générant une plus-value économique durable mieux répartie, les retombées industrielles en créations d'emplois pourraient constituer un élément essentiel à la stabilité de la région.

Énoncée dans le Plan Solaire de l'Union pour la Méditerranée cette approche vise à mettre en œuvre un cadre effectif de collaboration entre les deux rives de la Méditerranée. En s’appuyant sur des projets concrets, à l’instar du  projet Sahara Wind qui permettrait à la rive Sud de la Méditerranée d’atteindre ses objectifs de 20 GW en 2020, le Plan Solaire consacre une nouvelle dimension à la politique de voisinage de l'Union européenne.

Historiquement, les mécanismes du processus de Barcelone dont sont issus les programmes MEDA et EUROMED de l'UE ont financés une partie de l'interconnexion électrique de 700 MW reliant l'Espagne au Maroc par câbles sous-marins. Le dédoublement à 1400 MW de la capacité d'interconnexion entre les deux continents gérée par des accords bilatéraux a déjà été effectué. Une troisième interconnexion est actuellement en cours d'étude. En raison des distances à parcourir, le réseau reliant les centres de consommation d'Afrique du Nord aux régions Sahariennes ne permet pas de transfert d'électricité significatif. En solutionnant à la fois les problèmes de pertes en ligne à travers sa technologie HVDC et ceux de l’intermittence en alimentant un marché régional élargi, le projet Sahara Wind ouvre l'accès à une ressource éolienne considérable.

e-max.it: your social media marketing partner
FaLang translation system by Faboba